Témoignages

Nous voilà sortis de l’ACCS après notre dernière rencontre professionnelle de la journée. Comme à notre habitude, nous nous dispatchons en petits groupes pour trouver des taxis et rentrer dans la Habana Vieja où nous longeons. Nous nous retrouvons à flâner en quête de transports, prenant des photos du bord de mer, visitant un centre commercial décrépi. Cependant, après 45 minutes, force est de constater qu’aucun taxi ne circule dans cette zone. Il est 16h30, nous sommes à une quinzaine de kilomètres de là où nous logeons et entourés d’immeubles en construction qui sont pour beaucoup, laissés à l’abandon. La situation commence à devenir critique, nous interrogeons les quelques  passants que nous croisons sur un possible arrangement quand un homme d’une trentaine d’années nous propose de nous aider. Après dix minutes de négociation, il accepte de nous transporter mais nous avons un souci : nous sommes douze et que n’étant pas taxi, il ne peut pas se permettre de faire trois allers-retours. Une quinzaine de minutes plus tard, il arrive à contacter un de ses amis qui accepte également de nous transporter. Bien sûr, tout ceci se déroule en espagnol. Il manque néanmoins une voiture. Voilà alors notre chauffeur qui se met à interpeler en hurlant une tour délabrée. Apparait au balcon du 4ème étage, un homme ensommeillé. Son ami lui explique brièvement la situation et l’homme accepte de nous emmener au détriment de sa sieste visiblement bien entamée.
Acte solidaire ou intéressé voilà comment, à 17h30 nous avons été ramené par trois inconnus qui ont accepté contre une rémunération minimum, de faire trente kilomètres pour nous aider.

Taxi à la douzaine ?

On le savait déjà, le végétarisme (régime alimentaire sans viande et sans poisson), peut s’avérer compliqué dans certaines situations de la vie quotidienne (comme lors de repas de famille par exemple). Mais lors d’un voyage, c’est notre estomac qui est mis à l’épreuve ! Cuba en fut la preuve. Pour les quelques végétariens présents dans notre groupe, l’alimentation fut réduite au riz et aux légumes ! En effet, les Cubains se nourrissant essentiellement à base de riz, de légumes, de viandes et de poissons. Si nous en avons beaucoup « riz », cela nous a également fait prendre conscience d’une chose importante. Cuba fait partie des pays dans lesquels la population se nourrit de ce qu’elle a, de ce qu’on lui offre. Loin de l’idée capitaliste et de la société de consommation, se nourrir n’implique pas la liberté d’un choix de régime, mais d’une nécessité. Bien sûr, aucun d’entre nous ne doutait de ce fait. C’est une chose de le savoir, une autre de le voir de ses propres yeux. Il n’y a pas l’idée d’un jugement moral, de décréter si le capitalisme est mieux, ou alors moins bien que le communisme. Cuba est une leçon de vie et d’humilité lorsque l’on vient d’un pays développé où nous avons la possibilité d’un choix de régime alimentaire et de ne pas être rationné. La vie quotidienne cubaine est un véritable choc culturel lorsqu’on le compare au nôtre, l’alimentation en fait partie.  

C’est le ventre désormais alimenté au riz, mais l’esprit doté d’une belle leçon de vie, que nous avons pris le chemin du retour.  

Vivre son végétarisme à Cuba

Mettez-vous sur le bas côté, ceci est un ordre de la police”, une phrase que l’on entend plus souvent dans les films que dans la vie réelle.

Il commence à se faire tard, et nous devons rejoindre le reste du groupe à une heure précise. Nous décidons de prendre un de ces anciens taxis au style américain pour rentrer à l’hôtel. Mais le problème c’est que nous sommes six et que le taxi ne dispose que de cinq places. Le problème se résout vite par le chauffeur, une qui se cache derrière la banquette lorsqu’une voiture de police apparaît sur notre route. Nous démarrons. Une fois, deux fois, la troisième fois est la bonne. Des policiers demandent au chauffeur de se mettre sur le bas côté. Il descend du taxi et discute avec eux. Pendant ce temps-là, nous nous efforçons de paraître les plus naturels possible tout en ne risquant pas la crise de fou rire.

Au final, nous avons pu repartir en échange d’un pot-de-vin et rentrer à l’hôtel.

Coup manigancé ou pas, ce fut un moment à la fois stressant et marrant de notre séjour !

Récit d’un contrôle de police