Granma, le journal officiel de l’île

Granma est un quotidien cubain dirigé par le Parti communiste cubain. Le journal est tiré à plus de 450 000 exemplaires, du lundi au samedi et disponible gratuitement sur internet.

Le 4 octobre 1965 marque la première édition du quotidien, produit de deux anciens journaux nationaux, Revolución, organe officiel du Mouvement du 26 juillet ainsi que le Noticias de Hoy, organe officiel du Parti Socialiste Populaire, rallié à Batista pendant sa dictature. Granma provient du nom du bateau utilisé par Fidel Castro et ses compagnons de bord pour se rendre sur l’île en 1956 afin de lancer la révolution cubaine.

De manière générale, le quotidien est massivement lu par les Cubains du fait de son coût minime. Ceux qui ne consomment pas Granma en version papier peuvent retrouver le contenu sur les autres supports de communication tels que la télévision ou la radio.

Cet unique journal d’information de 8 pages comporte régulièrement les discours de Raúl Castro, les informations politiques des autres pays d’Amérique latine ou encore les rubriques diverses sur le sport, la science, la culture et la musique. Ces dernières rubriques sont gérées par l’intervenant que nous avons eu l’opportunité de rencontrer lors de notre séjour d’études à Cuba.

granma2

Journaliste musique, au sein du journal, nous avons pu lui poser des questions sur le journalisme à Cuba et ses particularités. Alors que le journalisme est un métier très prisé en France,  ce qui étonne dans un premier temps sur l’île, c’est l’apparente facilité que revêt l’accès à ce poste. Un cursus universitaire est prévu à cet effet ; il n’y a pas de concours à préparer. Il explique que chaque étudiant a une place à la sortie de ses études et que l’enjeu se situe sur cedit poste. Ainsi, les places les plus prisées et qui nécessite de “se battre” sont celles qui ont trait à la culture. Pour sa part, il a fait des études en journalisme à l’université et a réussi à travailler pour Granma grâce à une sorte de service civique que tout Cubain doit effectuer après avoir fait des études à l’université. L’école l’a placé chez Granma pour effectuer ses deux ans de service civique et depuis il n’a jamais quitté le quotidien.

Du côté de la rubrique culture du quotidien, il semblerait que les journalistes soient étonnamment très libres vis-à-vis des choix de leur sujet. Ils traitent principalement des musiciens et artistes en tout genre cubains, mais s’ouvrent également à l’international. Par exemple, le journaliste que nous avons pu rencontrer a pu se rendre aux États-Unis pour assister à un festival centré sur la musique latine. Il y a dans leurs sujets un grand intérêt à l’internationalisation de la musique hispanophone et notamment dans les pays occidentaux où l’on constate une forte immersion de la culture hispanophone au sein même des pays.

Cette rencontre nous a permis de confronter notre vision européenne influencée par les États-Unis de Cuba face au ressenti d’un Cubain. Et force est de constater qu’il existe un vrai gouffre entre nos attentes sur le contenu des rencontres et le contenu de ce que nous ont dit les intervenants cubains. On s’attendait à entendre une vraie dénonciation du régime castriste, un esprit de révolte, de contestation, tandis qu’au final ce qui est vraiment ressorti de cet entretien est le besoin de plus de liberté, mais de manière progressive, douce. L’homme qui nous a accordé cette interview nous a dit être conscient d’une envie de progrès, mais qu’il sentait que les choses, au fil du temps, se dirigeaient dans ce sens…

Alexina, Cléa et Tessy

 

Publicités