Et si on faisant un retour vers le passé ? – Philippine & Cléa

Bienvenue dans l’Île où le temps s’est arrêté, l’Île d’une autre dimension, un peu à la Matrix.
Être à Cuba, c’est un peu se retrouver dans les années 1960, avec son architecture coloniale peinturée de touches colorées, et ses célèbres voitures américaines, qui émoustillent tant les touristes.
Une philosophie de vie assez originale, vue par notre regard d’occidental, mais finalement subie par les Cubains. Se déplacer en charrette pour aller faire ses courses, causé par l’absence de transports en commun, ou encore attendre des heures afin d’obtenir un service, voici le mode vie des Cubains. Finalement, la notion de temps est très différente à Cuba, les habitants ont intériorisé ces longues files d’attente et les procédures administratives lourdes et complexes.

“Il n’y a pas d’horaires, pas de rituels, on ne doit jamais arriver nulle part dans l’urgence, les problèmes de transports ont fait de nous des personnes officiellement non ponctuelles” selon la cinéaste et romancière, Wendy Guerra. Cette affirmation reflète bien notre image, des adultes et des enfants traînant dans les rues, occupés à jouer ou discuter.

Le temps s’est littéralement arrêté sur cette île caribéenne, l’attente est devenue un automatisme, de là, à qualifier le subconscient des Cubains “une salle d’attente” d’après l’artiste Alejandro Campins.
À l’instar des Parisiens, souvent perçus comme trop pressés, démesurément stressés par leur quotidien haletant, les Cubains, à l’inverse, vivent dans le passé. Voyager à Cuba, c’est comme voyager dans le temps, c’est effectuer un retour vers le passé.

En plus de l’arrêt dans le temps, cette image, prise à La Havane en 2017, nous montre l’extrême pauvreté présente dans ce pays. Souhaitant asphyxier Cuba pour faire tomber le régime castriste, les États Unis ont décidé d’interdire tous les échanges commerciaux, diplomatiques, économiques, et financiers entre les deux pays : l’embargo. Les conséquences y sont nombreuses : d’abord soutenu par l’URSS puis difficilement aidé par la Russie, le pays compte environ des pertes à 108 milliards de dollars en 2011. La sécurité alimentaire, l’équilibre nutritionnel et la santé sont menacés … Bref, une pauvreté indéniable.

Vivre dans la rue est le quotidien des Cubains. Avec seulement 15 dollars par mois pour vivre, les maisons sont vides et insalubres ; ils manquent d’équipement, subissent de nombreuses coupures d’électricité et de pénuries alimentaires … Cuba est devenue LA ville de la débrouillardise. Pour combler ce manque, les Cubains investissent les rues où ils peuvent ainsi trouver solidarité et réconfort. Les enfants jouent dehors sous le regard

des anciens. Mais la rue peut aussi engouffrer des femmes et des jeunes filles dans des tourmentes : la prostitution y est fréquente. Chaque rue ou édifice devient en journée le théâtre d’un spectacle permanent.

Fort heureusement pour les Cubains, depuis la fin des années 1990, sous la présidence de Bill Clinton, l’embargo a commencé à véritablement s’alléger, effort poursuivi par Obama. Malgré la fin de l’embargo en 2016, le pays a du mal à se remettre de ce long isolement, et reste encore plongé dans le passé.

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