Cuba, reine du tabac – Caroline Segonnes

L’industrie du tabac cubain est l’une des plus renommées au monde. Notamment grâce au Havane, le cigare emblématique de l’Île. Retour sur le succès de ce produit de luxe qui fait rayonner ce petit pays, à l’échelle internationale.

Qui n’a jamais entendu parler du Havane, le mythique cigare cubain ? C’est un cigare d’élite; un produit de grand luxe qui se vend à prix d’or partout dans le monde. Selon les amateurs, il s’agirait du meilleur cigare qui existe. La légende raconterait même qu’au cours de sa vie, Winston Churchill, en aurait fumé plus de vingt-cinq mille ; l’une des formes du célèbre cigare porte d’ailleurs son nom. La culture du tabac cubain relève d’un art ancestral jalousement protégé par l’Etat grâce à l’appellation d’origine protégée Habano, et Habano SA, l’entreprise qui appartient à l’état cubain et qui possède toutes les marques de Havanes. Le tabac avec lequel le Habano est fabriqué, a été planté, récolté et transformé sur l’île, dans des régions bien spécifiques. Les exploitations qui le cultivent et qui produisent ces cigares d’exception sont appelées des Vegas Finas de Primera (plantation fine de première qualité), et sont détenues par les Vagueros qui transmettent leurs connaissances de génération en génération.

ob_822108_cuba-tabac-129-sur-223

De Colomb à Castro

Si le terme Habano n’apparaît qu’en 1799, il était alors majoritairement consommé par les marins espagnols et portugais.  En cause, le protectorat imposé par l’Espagne jusqu’en 1817. C’est à ce moment-là que Cuba commença à exporter ses cigares tels que nous les connaissons aujourd’hui. Pourtant, déjà en 1492, alors que Christophe Colomb débarque sur l’île, il découvrit que les gens du pays « buvaient de la fumée », et dans les années 1500 l’Espagne exportait déjà du tabac cubain dans toute l’Europe, jusqu’en Russie. Mais à l’époque les cigares étaient roulés en Espagne et non directement sur l’île. La première usine de cigare vit le jour en 1676 en Espagne. Bien vite, l’industrie espagnole fut concurrencée par la France, l’Allemagne, ou encore l’Italie. Finalement, on découvrit que les cigares déjà roulés supportaient bien mieux le voyage que les feuilles en vrac. Et en 1818, l’île comptait déjà plusieurs centaines de manufactures appelées Chinchales; ancêtre de ce qui deviendrait plusieurs siècles plus tard l’une des industries les plus prospères au monde.

5a9e63cccd702f0c1a275ddc

De La Havane à Pékin

Et pour cause, la production de Habano s’élève à plus de trois cents millions de cigares par ans (et une douzaine de milliards de cigarettes). En 2017, les chiffres du cigare cubain ont atteint des sommets avec une hausse de 12%, atteignant un chiffre d’affaire de près de cinq-cent-millions de dollars. C’est une soudaine progression sur le marché Chinois qui a permis ce bon économique. Sur ce territoire, le chiffre d’affaire du Havane a augmenté de 24% l’an dernier.  Les responsables de Habano S.A. espèrent pour 2018 une croissance à deux chiffres, les plantations n’ayant pas été touchées par l’ouragan Irma qui a ravagé une bonne partie de la région de Caraïbes au mois de septembre dernier. Pour assurer cette croissance, l’entreprise d’État aurait également mis en place une stratégie commerciale vers des pays émergents: notamment en Asie, en Amérique du Sud, au Moyen-Orient, et même en Afrique. Aujourd’hui, l’embargo qui existe depuis 1968 entre Cuba et les États-Unis, semble être le dernier obstacle qui empêche le Havane de conquérir le monde.

Publicités