Teófilo Stevenson, une légende de la boxe – Timothé & Maxime

En 1974, Fidel Castro déclarait fièrement que « Le sport est l’une des activités qui expriment le mieux la révolution ». Et c’est peu dire, tant la politique sportive mise en place a révolutionné la vie des Cubains. La petite nation de 11 millions d’habitants a raflé entre 1972 et 2016 : 202 médailles olympiques ! Cette réussite à l’internationale est en partie due à leur équipe de baseball et leurs boxeurs. Considéré comme l’un des plus grands boxeurs de tous les temps, Teófilo Stevenson a laissé une marque indélébile dans ce sport. Pendant sa courte carrière, il a remporté pas moins de 3 médailles d’or aux Jeux Olympiques et 3 championnats du monde amateur dans la catégorie poids lourds.

Né à Puerto Padre, dans la province de Las Tunas le 29 mars 1952, Teófilo Stevenson est le fils de Teófilo Stevenson Patterson et Dolores Lawrence. Son père eut un bref passé de boxeur avant d’être écoeuré par la corruption qui régnait. Cela ne l’a pas empêché d’encadrer son fils dans ce sport, au regret de sa femme. C’est avec John Herrera, un ancien champion de boxe, que Teófilo va gagner ses premiers titres juniors et commencer à attirer l’attention. C’est le cas en 1964, quand Andrei Chevonenko le prend sous son aile. Le sport professionnel étant interdit depuis 1962 à Cuba, la pratique de la boxe était encadrée par la National Boxing Commission, sponsorisée par le gouvernement.

Le triplé Olympique

Sa carrière décolle en 1972 lors des Jeux Olympiques de Munich. Tout juste âgé de 20 ans, il écrase son premier adversaire en moins de 30 secondes. Enchaînant sur les quarts de finale, il bat l’américain Duane Bobick, un des favoris de la compétition. Il atteint la finale, et gagne sans combattre puisque Ion Alexe, l’autre finaliste, avait déclaré forfait dû à une blessure. C’est sa première médaille d’or.

Quatre ans plus tard, Teófilo récidive aux Jeux Olympiques de Montréal en 1976. Toujours dans la catégorie poids lourds, il gagne sa deuxième médaille d’or. Entre temps il avait également fini à la première place du podium lors des Pan American Games de Mexico city en 1975. En 1980, lors des Jeux Olympiques de Moscou, Teófilo gagne encore et devient le second boxer de tous les temps à gagner 3 médailles d’or.

Un Héros national

C’est notamment après les jeux de Montréal que Teófilo devint un héros national. Patriote, dévoué à la politique entreprise par Fidel Castro, il a toujours refusé de rejoindre le monde professionnel, malgré les millions qui lui avaient été offerts. La raison n’est pas à chercher bien loin, en 1962, Fidel Castro signe le décret 83-A, bannissant de ce fait le sport professionnel qui, selon lui, “enrichissait une minorité aux dépens de beaucoup”.

Des promoteurs américains lui avaient notamment proposé près de 5 millions de dollars pour un combat face au champion Mohamed Ali. Il aurait refusé cet argent en déclarant “ Qu’est ce qu’un million de dollars comparé à l’amour de huit millions de Cubains ?

Il aurait pu par la suite gagner d’autre titres olympiques, mais Cuba décide de boycotter les Jeux Olympiques de 1984 et 1988 pour des raisons politiques. A la fin de sa carrière Teófilo peut se targuer d’avoir gagné 302 combats et 8 médailles d’or (Jeux Olympiques, Pan American Games et World Amateur Championships). Après avoir pris sa retraite, Stevenson devient entraîneur de boxe et également vice-président de la Fédération cubaine de Boxe.

Après son décès à la Havane, le 11 juin 2012 à 60 ans, il a eu droit à un deuil national. Un éternel remerciement pour celui qui a marqué avec son propre leitmotiv et sa propre vision le monde de la boxe. Monde de la boxe, qui peut remercier cet homme devenu légende et qui a créé un nombre important de carrières dans ce sport après lui. Encore aujourd’hui, lorsque les gamins montent sur le ring et entrent dans un gymnase, nombreux sont ceux qui rêvent de devenir l’héritier de Teófilo Stevenson.

Timothé Goyat & Maxime Wangrevelain

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