EDITO

« Révolution », ce mot est forcément évocateur pour chacun de nous.

Qu’il nous fasse penser à la chute de la monarchie française, à la révolution industrielle, ou encore à une chanson de Jenifer (ou des Beatles selon le background), il convoque à l’esprit des événements, des œuvres, des images, des symboles, des personnalités.

Les 28 rédacteurs de ce blog, étudiants en communication à l’université Paris 8, ont tous été sélectionnés sur la base d’une production illustrant leur vision de la « revolucion ». À la clé du concours, l’opportunité de réaliser un voyage d’études à Cuba, berceau de la révolution castriste.

Le choix de cette destination et l’ambition d’y rencontrer des professionnels de l’audiovisuel, du journalisme, du monde artistique engagé, font sens avec l’histoire de la fac, ancrée dans une tradition contestataire. Réputée pour être fortement politisée à gauche, anti-académique et ouverte aux étrangers, elle est le théâtre de différentes grèves, manifestations ou initiatives étudiantes pour protester contre les décisions du pouvoir (du grand conflit de 1995 à la récente occupation des locaux par un groupe de migrants). À Paris 8, la révolution est dans notre ADN.

Les participants du voyage, aux profils et aux cursus variés, ont en commun la curiosité de découvrir quelle forme prend l’engagement à Cuba, où la révolution a débouché sur un régime autoritaire. Avec le récent rapprochement de l’« île sanctuaire » avec les États-Unis (systématiquement rejeté par le défunt Fidel Castro), il est probable que le pays subisse d’importants changements et se libéralise dans les années à venir, d’où l’intérêt de l’observer à l’état actuel !

Découvrez les pérégrinations du groupe, ses analyses du pays, ses productions et le portrait de ses membres dans nos rubriques qui, nous l’espérons, seront aussi effervescentes qu’un bon vieux soulèvement populaire.

Com’ailleurs : viaje en Cuba

 

 

Remerciements

Parce qu’il est important de rappeler que sans eux, cette belle aventure n’aurait sans doute pas eu lieu, nous tenons à remercier très chaleureusement Jocelyn Maixent et Jean Axelrad pour nous avoir organisé le voyage et supportés tout du long. Merci également à Lisandra, notre guide et bonne étoile à Las Viñales.

Nous remercions également l’université de Paris 8 ainsi que les différents acteurs ayant permis sa réalisation.

Sans oublier les différents professionnels de la communication, nous les remercions pour le temps qu’il nous accordés et toute la bienveillance avec laquelle ils nous ont reçus.

Enfin, merci aux 28 étudiants pseudo-cubains pour la réalisation du site et leur bonne humeur durant le séjour.

grp_accs1.jpg

Photo prise lors de la rencontre avec Rosa Maria Perez Gutierrez à l’ACCS

 

On le savait déjà, le végétarisme (régime alimentaire sans viande et sans poisson), peut s’avérer compliqué dans certaines situations de la vie quotidienne (comme lors de repas de famille par exemple). Mais lors d’un voyage, c’est notre estomac qui est mis à l’épreuve ! Cuba en fut la preuve. Pour les quelques végétariens présents dans notre groupe, l’alimentation fut réduite au riz et aux légumes ! En effet, les Cubains se nourrissant essentiellement à base de riz, de légumes, de viandes et de poissons. Si nous en avons beaucoup « riz », cela nous a également fait prendre conscience d’une chose importante. Cuba fait partie des pays dans lesquels la population se nourrit de ce qu’elle a, de ce qu’on lui offre. Loin de l’idée capitaliste et de la société de consommation, se nourrir n’implique pas la liberté d’un choix de régime, mais d’une nécessité. Bien sûr, aucun d’entre nous ne doutait de ce fait. C’est une chose de le savoir, une autre de le voir de ses propres yeux. Il n’y a pas l’idée d’un jugement moral, de décréter si le capitalisme est mieux, ou alors moins bien que le communisme. Cuba est une leçon de vie et d’humilité lorsque l’on vient d’un pays développé où nous avons la possibilité d’un choix de régime alimentaire et de ne pas être rationné. La vie quotidienne cubaine est un véritable choc culturel lorsqu’on le compare au nôtre, l’alimentation en fait partie.  

C’est le ventre désormais alimenté au riz, mais l’esprit doté d’une belle leçon de vie, que nous avons pris le chemin du retour.  

Vivre son végétarisme à Cuba

Nous voilà sortis de l’ACCS après notre dernière rencontre professionnelle de la journée. Comme à notre habitude, nous nous dispatchons en petits groupes pour trouver des taxis et rentrer dans la Habana Vieja où nous longeons. Nous nous retrouvons à flâner en quête de transports, prenant des photos du bord de mer, visitant un centre commercial décrépi. Cependant, après 45 minutes, force est de constater qu’aucun taxi ne circule dans cette zone. Il est 16h30, nous sommes à une quinzaine de kilomètres de là où nous logeons et entourés d’immeubles en construction qui sont pour beaucoup, laissés à l’abandon. La situation commence à devenir critique, nous interrogeons les quelques  passants que nous croisons sur un possible arrangement quand un homme d’une trentaine d’années nous propose de nous aider. Après dix minutes de négociation, il accepte de nous transporter mais nous avons un souci : nous sommes douze et que n’étant pas taxi, il ne peut pas se permettre de faire trois allers-retours. Une quinzaine de minutes plus tard, il arrive à contacter un de ses amis qui accepte également de nous transporter. Bien sûr, tout ceci se déroule en espagnol. Il manque néanmoins une voiture. Voilà alors notre chauffeur qui se met à interpeler en hurlant une tour délabrée. Apparait au balcon du 4ème étage, un homme ensommeillé. Son ami lui explique brièvement la situation et l’homme accepte de nous emmener au détriment de sa sieste visiblement bien entamée.
Acte solidaire ou intéressé voilà comment, à 17h30 nous avons été ramené par trois inconnus qui ont accepté contre une rémunération minimum, de faire trente kilomètres pour nous aider.

Taxi à la douzaine ?